Composit Collective Art Works

Forêt de Léthé (the Forest of Oblivion)
Wallpaper, sliced wood piece, turntable, computer, sound system, light system
Multimedia Art Museum of Moscow, Russia
2016

When creating Forêt de Léthé (The Forest of Oblivion) project we were inspired by Seicho Matsumoto’s novel The Tower of Waves (1959), in which the heroine commits suicide at the foot of Mount Fuji, in Aokigahara Forest. This forest is one of the few places in Japan still untouched by man. Largely due to Matsumoto’s novel, it became analogous in the people consciousness to the Lethe of Ancient Greece – the river of forgetfulness, a boundary space between this world and the next, between materiality and void, hell and the Garden of Eden. An ideal place for those who seek oblivion, who yearn to disappear from the memory of others. This forest enchanted us. Of all the forests we visited, this is the strangest, the most fantastical and living forest, because it holds the memory of all those who lost their way here. They are protected by this dense forest, it turns their despair into living energy. Forêt de Léthé installation is compiled from dozens of photographs taken in Aokigahara Forest that have then been rearranged and processed to create a landscape existing only in the artists’ imagination – an imaginary forest. In a space connected not to death, but to life, imagination and the dream.

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Forêt de Léthé (the Forest of Oblivion)
Papier, disque en bois, tourne-disque, ordinateur, système son, système de lumières
Musée d'Art Multimédia de Moscou, Russie
2016

En 1959, un roman écrit par Seicho Matsumoto, The Tower of the Waves est publié dans un magazine féminin japonais. Ce roman est une histoire d’amour impossible entre l’inspecteur Onogi et son amante Yoriko. Cette dernière réalisant que leur amour est impossible, disparaît dans la forêt d’Aokigahara au pied du mont Fuji. Très vite, à cause de ce roman à succès, la forêt se fait connaître comme le lieu idéal pour mettre fin à sa vie.
Cette forêt est comme le fleuve Léthé (le fleuve de l’oubli), dans la mythologie grecque. Elle marque une frontière entre le moment présent et l’au-delà, entre la matérialité et le néant, entre l’enfer et le Jardin d’Eden. Elle est le lieu idéal pour ceux qui veulent être oubliés, ceux qui veulent disparaître de la mémoire des autres, en silence. Mais cette forêt est aussi habitée par cette force incroyable de la nature qui tente de survivre malgré la topologie du terrain. Cette dualité entre la vie et la mort, l’oubli et la mémoire, marque inéluctablement les promeneurs et les curieux.
Cette forêt est fascinante. Ayant parcouru plusieurs forêts dans le monde, c’est de loin la plus étrange, la plus fantastique, et aussi la plus vivante, car elle contient en elle la mémoire de ceux qui s’y sont perdu, elle les protège en son sein, transformant leur détresse en sève vitale. En s’y promenant, on fait face à des trous béants dans le sol, comme une invitation à pénétrer en son centre. Ces trous, ces grottes, sont des cachettes, une porte entrouverte où l'on tente d’apercevoir un fond qui n’existe peut-être pas.
La photographie de cette installation a été travaillée avec des dizaines de photographies provenant de cette forêt. Elles ont été rassemblées, recomposées, redéfinies pour donner naissance à un lieu qui n’existe que virtuellement. Une forêt imaginaire donc. Une forêt, majestueuse, féerique, et mystique, qui tente de contrebalancer la forêt réelle qu’est Aokigahara. Elle est pour moi une forêt idéale, non liée à la mort, mais à la vie, à l’imaginaire, et au rêve.